Cause animale, Mes lectures

Lecture: Poèmes antispécistes & poètes véganes

Bonsoir les amis,  voici pour aujourd’hui un recueil de poèmes que j’ai gagné à un concours des éditions Virelangue.

J‘ai voulu faire simplement un commentaire et finalement je me suis prise au jeu. J’espère que ça vous donnera envie de le lire!

 

Attention poèmes noirs

Pour dénoncer une réalité noire.

Lecteur néophyte, fais un tour par ici, de l’autre côté de l’écran

Derrière les murs.

(Si tu es végane, tu apprécieras aussi)

D’ailleurs, quand nous les aurons dépassés ces murs, comment regarderons nous notre passé?

Je me demande.

En attendant, nous sommes en 2019.

Un festin macabre nous attend

Au tournant

Au « Junkie Cannibale« .

Seul sera invité l’humanimal*.

Une comptine enfantine cristalline

Peuplée de nos amies les bêtes

Dit la vérité qui nous embête

Ce à quoi on les destine

sur notre Planète Honnête.

Le message est-il passé?

Pas forcément. Je suis juste un peu vénère.

Il est temps de donner un coup de pied dans la fourmilière.

Révoltés, dénonciateurs, du fond du coeur

Les mots s’entrechoquent pour dire l’horreur

Voix humaines, voix humanimales

Nuit et abattoirs et gens sourds,

Cauchemar banal

sans cesse renouvelé chaque jour.

Comment lutter face à l’absurde

Si ce n’est par l’humour noir?

Circulez y a rien à voir

On assassine tout est normal.

Lisez le Circassien, la Princesse et l’Elephant

Prenez plaisir écrabouillez le système spéciste.

En prose et en alexandrins.

Je m’arrête là pour vous laisser la surprise.

 

Un recueil pour garder espoir,

Malgré le cauchemar.

Un recueil pour continuer le combat.

 

Sur le sites des Editions Virelangue

poemes antispécistes

Humanimal: l’humain tout simplement. Dans ce qu’il a de plus animal. Sens non péjoratif est-il besoin de préciser…

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Cause animale

Le spécisme et l’anti-spécisme dans le manga – Retour sur un Club de lecture

Bonjour à tous!

Ce week-end je voudrais vous parler d’un Club de lecture auquel j’ai participé ce vendredi 25 janvier, à la Librairie Le Renard Doré à Jussieu.

L’occasion pour moi de découvrir plein de nouveaux titres, je ne suis pas une lectrice de mangas c’est donc un nouveau monde qui s’ouvre devant moi!

Les intervenants:

Sita ou @sitatoutcourt: booktubeuse, illustratrice, créatrice de contenus sur les réseaux sociaux, elle a donné son avis sur les lectures présentées.

Thomas Lepeltier, conférencier, historien, philosophe des sciences, journaliste et enseignant à l’université d’Oxford, auteur de « La révolution végétarienne » et « L‘imposture intellectuelle des carnivores ».

Les thèmes abordés dans les mangas présentés sont très divers mais tous ont en commun d’interroger sur la posture spéciste de notre société, notamment en faisant intervenir des personnages animaux qui parlent et vivent comme des humains (ou à l’inverse en plaçant des personnages humains dans des situations que subissent les animaux). Cela rappelle quelque chose à certains de mes lecteurs… ?

Pour mémoire quelques définitions:

Spécisme: Discrimination basée sur l’espèce, qui fait de l’espèce en soi un critère moral pour déterminer la manière dont un être doit être traité.

En pratique, le spécisme est l’idéologie (plus ou moins assumée) qui justifie et impose l’exploitation et l’utilisation des animaux par les humains de manières qui ne seraient pas acceptées si les victimes étaient humaines. (Source : Les Cahiers Antispécistes)

L’antispécisme donc rejette cette discrimination. Courant de pensée philosophique et moral, formalisé dans les années 1970, il considère que l’espèce à laquelle appartient un animal n’est pas un critère pertinent pour décider de la manière dont on doit le traiter et de la considération morale qu’on doit lui accorder. L’antispécisme s’oppose au spécisme qui place l’espèce humaine avant toutes les autres. (Wikipedia)

A noter: les auteurs anti-spécistes ne prônent pas nécessairement une égalité de traitement ou une égalité de droits. Tout comme il serait absurde d’accorder à un homme (mâle) le droit à l’avortement, il est absurde d’accorder à une poule le droit à fréquenter l’université. En revanche les intérêts des individus (à vivre une vie heureuse, à ne pas souffrir) doivent être pris en compte de manière égale, indépendamment de l’espèce de ces individus.(Source : Wikipédia)

Je vais faire ici une brève présentation des mangas dont il a été question (même si pour l’instant je n’en ai encore lu aucun!). Bien sûr les auteurs ne sont pas nécessairement antispécistes, mais ils ont le mérite d’ouvrir une brèche!

Animal Kingdom – RAIKU Makoto

Dans le monde d’Animal Kingdom, les animaux les plus puissants imposent leur loi aux plus faibles. Raton-laveur de son état, Monoko découvre un jour un bébé humain abandonné dans un panier qui dérive le long de la rivière. Elle décide de l’adopter et de l’élever comme elle peut, malgré les dangers permanents qui règnent dans la jungle. Si le petit d’homme n’a pas de griffes ou de crocs, il possède en revanche un don bien plus précieux: celui de comprendre et de parler le langage de tous les animaux!

Les Royaumes Carnivores – HATA Yui

Dans un monde dirigé par la tribu royale, la famille des Lions, règnent d’une main de fer sur les autres espèces animales. Véritables tortionnaires et « fins gourmets » ils ne considèrent les espèces végétariennes que comme leur nourriture. La tribu des gazelles de Thomson est épargnée c’est pour une seule et unique raison: les lions n’aiment pas le goût de leur chair…

La gazelle Buena décide un jour de se révolter contre ces tyrans elle part à la recherche de la dernière guépard blanche, seule à pouvoir l’aider dans sa lutte.

(Voilà qui va nous changer du Roi Lion!!!)

The Promised Neverland – Kaiu Shirai

Emma et ses amis, tous orphelins, ont été placés dans un établissement spécialisé lorsqu’ils étaient tout jeune.Bien que leur liberté soit limitée et que les règles soient parfois un peu strictes, ils mènent une vie agréable tous ensemble et la femme qui s’occupe d’eux est généreuse. Mais pourquoi n’ont-ils pas le droit de sortir de l’orphelinat?

Beastars – ITAGAKI Paru

A l’institut Cherryton, herbivores et carnivores vivent dans une harmonie orchestrée en détail. La consommation de viande est strictement interdite et les dortoirs sont séparés en fonction des régimes alimentaires. Tout pourrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes… jusqu’au jour où le cadavre de l’alpaga Tem est retrouvé déchiqueté sur le campus. Un climat de terreur s’abat sur le pensionnat. Une véritable lutte de pouvoir s’organise…

(Au fait que mangent habituellement ces carnivores civilisés ?)

Maintenant place au débat !!!

L’originalité de cette présentation tient à l’introduction dans le débat anti-spéciste actuel de la question de la souffrance des animaux sauvages dans la nature. Nous interrogeons habituellement notre propre comportement à l’égard des animaux (est-il juste de les tuer pour s’en nourrir? de les tuer pour se vêtir? de les chasser ou de les enfermer, etc, et il y a consensus pour dire que ce n’est pas acceptable d’un point de vue éthique ). Mais qu’en est-il des animaux qui subissent la prédation, ou autres formes de violence qui ne sont pas le fait de l’Homme?

Un point de vue interventionniste est défendu par le philosophe Thomas Lepeltier, selon lequel l’éthique nous oblige à réfléchir sur cette question: comment pouvons-nous réduire la souffrance des animaux sauvages?. Des « pistes » sont proposées, via la fiction: quand la logique bute peut-être l’imagination peut nous venir en aide. Thomas Lepeltier a très justement rappelé que nous avons tendance à idéaliser Mère Nature, et que « une espèce » n’a pas en soi d’intérêt à vivre, alors qu’un individu, si. La mort d’un animal prédaté par un autre peut durer une heure, sans parler de ceux qui sont blessés et agonisent sur plusieurs jours… pourquoi avoir moins d’empathie pour eux que pour les animaux exploités par l’Homme ?

Comme on peut s’en douter ce point de vue interventionniste n’a pas manqué de susciter des réactions (une bonne partie de la salle était végane, une plus petite partie se considérait antispéciste). Je ne vais pas pouvoir en faire un compte rendu détaillé ici, je me limiterai à dire que cette soirée m’a ouvert l’esprit et m’a donné envie d’en lire et d’en savoir plus.

Pour ma part, j’avouerai que l’idée de l’intervention de l’Homme dans la nature m’a toujours donné des cauchemars (mais peut-être est-ce surtout dû à l’époque à laquelle je vis…). Certains ont rappelé assez justement qu’on déplaçait l’ « énorme » problème humain sur les animaux…

Je pense qu’à l’heure de la crise écologique, où nous perdons de plus en plus de forêts et d’espaces sauvages, ou nous vivons la sixième extinction de masse, ce n’est pas d’actualité d’agir sur les animaux sauvages et que nous devrions plutôt nous concentrer sur nos propres comportements… en cessant de consommer de la viande et autres produits d’origine animale, par exemple, nous faisons d’un pierre deux coups sinon trois: nous épargnons des vies et beaucoup de souffrances, nous préservons notre environnement… et c’est meilleur pour notre santé.

Il y aurait beaucoup à dire sur le sujet. Ce sera peut-être l’objet d’un prochain article.

Voilà donc de quoi enrichir ma P.A.L.

Voici également un essai que j’ai acheté récemment et qui propose des pistes pour vivre avec les animaux demain… en les respectant. Zoopolis Une théorie politique des droits des animaux

Déjà lu : L’imposture intellectuelle des carnivores

Après l’effort, le réconfort: La soirée s’est clôturée sur la dégustation de délicieuses pizza « Happiz » (véganes).

mangas

Cause animale

Lecture: La guérilla des animaux de Camille Brunel

Capturelaguérilla

Où l’acheter? Ici

Résumé:

Comment un jeune Français baudelairien devient-il fanatique de la cause animale ? C’est le sujet du premier roman de Camille Brunel qui démarre dans la jungle indienne lorsqu’Isaac tire à vue sur des braconniers, assassins d’une tigresse prête à accoucher.

La colère d’Isaac est froide, ses idées argumentées. Un profil idéal aux yeux d’une association internationale qui le transforme en icône mondiale sponsorisée par Hollywood. Bientôt accompagné de Yumiko, son alter-ego féminin, Isaac court faire justice aux quatre coins du globe.

 

Mon avis:

Alors voilà on m’en a parlé et décidément il fallait que je le lise alors c’est chose faite.

Je craindrais de trop spoiler en racontant l’intrigue de ce roman que j’ai lu d’une traite, alors, je vais essayer de faire au mieux pour vous donner envie de le lire.

Pour ceux qui n’en seraient pas sûrs, c’est bien de notre monde et de notre époque qu’il s’agit… Notre Terre où « la Passion des animaux commence juste » avec la guerre impitoyable que notre espèce mène contre ce qu’il reste du monde animal sauvage, et extrapolation sur les quelques décennies qui vont suivre…

Le ton est donné dès le premier chapitre. Isaac Obermann est un justicier pour le monde animal. Il ne craint pas de recourir à la violence. Sa position est claire, réfléchie et argumentée tout au long de l’histoire, au gré d’une discussion, d’une conférence.

« On a trop longtemps considéré que les crimes contre l’humanité ne visaient que les humains, alors que les massacres de loups, de bovins, de baleines, constituent des crimes contre l’humanité aussi -ce sont des portraits d’homo sapiens en trou béant, sans regard, l’âme crénelée tout juste bonne à égorger ce qu’elle rencontre. Je l’attaquerai sans relâche. On ne m’aimera pas. »

L’histoire suit son périple au tour du monde, de l’Inde à l’Océan Arctique, puis à Paris, Brasilia et Taiji, en Chine, et en Afrique. Chasseurs de trophées, tueurs de baleines, font les frais de sa guérilla qui lui vaut d’attirer l’attention des médias. Rejoint dans sa lutte par son alter ego et bientôt amour Yumiko, sponsorisé par Hollywood, il se transforme rapidement en un héros, une légende. Pour le meilleur et pour le pire…

Le roman prend aux tripes et ne vous lâche pas jusqu’à la fin. La vision que l’auteur a de l’humanité est très pessimiste. En témoigne le chapitre 53 « Walkyries », sidérante vision à moyen terme de notre avenir, de celui des animaux et de notre planète… Essayez de le lire en écoutant la Chevauchée des Walkyries de Wagner….

La cruauté, envers le monde animal, révoltante et absurde, le cynisme de l’être humain qui atteint des proportions qui -à la réflexion- ne sont même pas exagérées, sont dépeints avec ce qu’il faut de ce qu’on va appeler « humour noir ». Lui répond la violence, vengeresse et sans état d’âme, des deux  guérilleros .

Tout paraît sans espoir. Néanmoins quelques notes positives sur la fin m’ont donné le sentiment de respirer (comme un dauphin qui se noie…)

« La respiration faisait le même bruit aussi, remarqua Timmy, et la couleur du sang était identique dans les poches translucides. On avait dit tant de mal des animaux, et pendant si longtemps. Le garçon n’était pas peu fier d’être né aussi tard, à l’ère de l’Humilité, telle qu’il la baptisa lui-même à cet instant. »

En refermant ce livre, je me demandais ce qu’était devenu mon moral. Est-ce qu’il avait plongé à des profondeurs abyssales ou est-ce qu’il était désormais empêché d’aller trop bas non plus ?

En conclusion, je recommande ce roman qui est une lecture nécessaire en même temps que captivante.

Bonne année 2019 à tous et en particulier aux animaux qui auront survécu.